OVNI d’Ivan Viripaev / Nicolas Schiavo – création 2024

 
 
 
 
les 05, 12, 19 et 26 février 2024
les 04, 11, 18 et 25 mars 2024
les 01 et 08 avril 2024
au Théâtre de Nesles
Paris
 
 
 

OVNI d’Ivan Viripaev
traduction Tania Moguilevskaia et Gilles Morel
mise en scène Nicolas Schiavo
avec Alban Andreu , Pauline Darrieu , Marine Dernoncour, Virgile Flamand, Jean-Luc Giorno, Nora Giret, Juliette Labreuche, Guillaume Prevot, Nicolas Schiavo, Jennifer Yahi
production Compagnie Vespérale

Présentation

Ivan Viripaev a recueilli à travers le monde des témoignages de personnes ayant été en contact avec des extraterrestres. Chacune nous livre un moment intense et émouvant de sa vie, au cours duquel elle a perçu de façon nette et précise, un fragment du secret de l’univers.

Des personnes venues de différents pays du monde, surprises dans leur quotidien, nous racontent le jour, le moment, la seconde où elles ont dépassé leur condition d’être humain, et partagent avec nous le résultat de cette expérience hors du commun.

L’auteur restitue fidèlement le témoignage de ces inconnus, qui nous emportent avec eux dans le tourbillon poétique de ces moments d’étrangeté. Leur parole, à la fois profondément humaine et infiniment différente nous offre un monde nouveau et nous révèle à nous même.

Notre monde contemporain vit la révolution de l’intelligence artificielle générative. Celle-ci à une conséquence majeure, faire entrer la falsification de manière crédible, dans un domaine qui jusqu’alors valait pour preuve incontestable de la réalité : l’image. Et donc, nous nous mettons à douter de cela même qui mettait fin au doute. Dans ce marasme d’incrédulité, le dramaturge parvient à sauvegarder un ilot de certitude et amène doucement le public vers l’évidence d’une réalité incontestable : celle de la représentation. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’espace scénique sera vide de tout décor. Dénué de tout artifice, seule reste la parole, performative de réalité. Comme un miroir de l’art théâtral, l’auteur nous propose avant tout une connaissance sensorielle du monde. « D’abord (…) la sensation de dieu (…) et seulement ensuite, toutes les vérités sur lui. ». Et si finalement, l’essentiel n’était pas la réalité, mais l’effet que produit ceux qui la racontent sur ceux qui les écoutent ? pour le meilleur comme pour le pire…


© Compagnie Vespérale

Ivan Viripaev brouille les pistes en intitulant sa pièce Ovni, car il n’est pas tellement question ici de petits hommes verts. Les Aliens sont plutôt un prétexte brandit par chacun des témoins, pour nous livrer leurs secrets les plus intimes. Les personnages ne cherchent pas à nous convaincre, à argumenter, à défendre tel ou tel thèse. Ils nous offrent une expérience physiologique du monde, comme un concentré de connaissance, une porte ouverte sur le cosmos que chacun est libre de franchir ou non. Ces témoignages font alors raisonner deux questions : qu’est-ce que la réalité ? qu’est-ce que l’humanité ? L’auteur dessine dans cette pièce une tentative de réponse. Il nous l’indique d’ailleurs lui-même dans une lettre à destination de l’équipe de création et des spectateurs : « A vrai dire ce n’est pas du tout important de savoir si ces personnes ont ou n’ont pas rencontré des extraterrestres ou s’il s’agit d’une invention de leur part. Ce n’est pas important. Parce que ce qui est important, à vrai dire, c’est le fait qu’un individu qui vit sur la planète Terre accepte de partager avec d’autres personnes ses visions de la vie les plus intimes. ».Humanité et réalité, l’une comme une réponse à la question posée par l’autre. Cette idée, Ivan Viripaev parvient à nous la transmettre grâce à une magistrale mise en abime du récit théâtral.

Et c’est là tout le sel de cette pièce, construite de manière fractale, à la façon des poupées gigognes. Les questions soulevées s’emboitent de l’immanence vers la transcendance : Qu’est-ce que percevoir ? Qu’est-ce que raconter ? Qu’est-ce que le théâtre ? Qu’est-ce que la création ? Ivan Viripaev tente de répondre à toutes ces questions, successivement et simultanément. Et l’originalité des réponses qu’il apporte réside dans le fait qu’elles ne sont pas intelligibles, elles sont sensibles ! Pour cette mise en lumière charnelle de notre monde, j’ai choisi de doubler chaque témoignage d’une couleur, d’une vibration. Un ensemble de longueur d’onde, comme autant de variations visibles, qui additionnées les unes aux autres créent une réalité alternative, comme un kaléidoscope, dont les éclats mis bout à bout dessinent l’humanité et ses paradoxes.

C’est peut-être là, la dernière poupée qui coiffe toutes les autres, la création théâtrale pour raconter des histoires, pour partager des sensations et donc contribuer à la construction de notre monde en se mettant du côté de la force qui crée : « j’ai compris comment ce monde change (…) Il change par une force que nous n’avons pas à connaître jusqu’au bout. Mais tout ce que nous pouvons faire, c’est de faire équipe avec cette force. Et si tu es aux côtés de la force qui crée, alors toi aussi tu crées. »

Nicolas SCHIAVO – Novembre 2023

  • L’équipe artistique en parle…


 

 
Pièce traduite avec le soutien du Centre International de la traduction théâtrale – Paris

 

 

 

henschel

 

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