SOLAR LINE d’Ivan Viripaev / Illia Delaigle – création 2020

solar_line

 
 
 
 
le 19 septembre 2020
au Festival Bords de scènes
Commercy
 
 
 
 

SOLAR LINE [LA LIGNE SOLAIRE] d’Ivan Viripaev
traduction Tania Moguilevskaia et Gilles Morel
mise en scène Illia Delaigle

avec Emma Barcaroli et Mathieu Saccucci / Hermance Vasodila et Arnaud Dieterlen (MOUSE DTC)
collaboration artistique Amélie Patard
conciergerie technique : Sarah Eger, Jean-François Metten et Illia Delaigle
construction décor : Julien Dominique Pauthier
décoration Camillestoos
costumes Dbo Dbo Rats

production Cie Kalisto – Théâtre – sept. 2020
soutiens Ville de Mulhouse.fr, Région Grand Est
accueils en résidence à La Filature, Scène nationale – Mulhouse, au Théâtre du Pilier, à l’Espace Grün / Espaces Culturels Thann-Cernay

La création de la version plateau de SOLARLINE devait être présentée à La Caserne des Pompiers en Juillet 2020 dans le cadre du Festival d’Avignon, avec l’aide de la Région Grand Est. Partie remise.

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NOTES ET INTENTIONS DE MISE EN SCENE / ILLIA DELAIGLE
(25/11/2017)
« Lorsque deux sujets se disputent selon un échange réglé de répliques et en vue d’avoir le « dernier mot », ces deux sujets sont déjà mariés : la scène est pour eux l’exercice d’un droit, la pratique d’un langage dont ils sont copropriétaires ; chacun son tour, dit la scène ; ce qui veut dire : jamais toi sans moi, et réciproquement. »
Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux.

POURQUOI ?
« Pour qu’on aboutisse à un résultat positif. »

Barbara et Werner sont admirables. Ils sont aussi drôles et lumineux. C’est d’abord deux êtres, juste un couple, avec son langage, ses corps, ses passions et ses scènes. Mais ils sont aussi d’une rare beauté car malgré les cris et les coups, les larmes, la mauvaise foi ou encore les hystéries épuisantes, ils sont traversés par cette infinie tendresse de ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’aboutir à un résultat positif. Rien ne les retient pourtant, le crédit à la banque s’achève, et ils n’auront probablement pas d’enfant.

Malgré cela, ils le font. Ils l’entreprennent ce voyage au tréfonds de ce qu’il leur reste d’amour. Ils ne sont pas raisonnables, ils savent qu’ils déploient une énergie sans doute vaine. Elle est pourtant vitale cette énergie et c’est ça qui touche. Cette énergie vitale qui fait surgir des éclats de lumières dans la noirceur des baffes et des crachats. C’est rare,c’est beau. C’est ce que je souhaite donner à voir. Et aussi, ne soyez pas sensés et surtoutpas en ce qui concerne l’amour, regardez comme ces êtres peuvent être drôles intelligents et lumineux ; c’est que je souhaite vouloir dire.

COMMENT ?
« En franchissant, cette putain de ligne solaire, nique ta mère », peut être.

Voici, pour commencer, quatre pistes de travail :
Premièrement, si on jette un regard rapide (c’est en russe) sur ce lien : (https://www.youtube.com/watch?v=gQH8J_QAEsg, une lecture du texte par l’auteur),on remarque ce flot rapide mixé d’une passion brûlante, c’est la fameuse « fureur de dire » propre à Viripaev. Il va falloir explorer, exploiter cela.

Deuxièmement, c’est une comédie. C’est une co-mé-die. D’ailleurs, il ne faudra jamais oublier que c’est une comédie. C’est très touchant, une comédie.

Troisièmement, c’est donc franchir « cette putain de ligne solaire, nique ta mère ». Il est 5 heures du matin chez Barbara et Werner Solarline. Ils sont dans leur cuisine et ils cherchent depuis 10 heures du soir une issue à leur couple. On sait qu’ils ne peuvent se résoudre à autre chose que d’aboutir à un résultat positif. Si on mêle l’absolu nécessité de s’en sortir à l’épuisement, on peut aboutir soit à des accidents mortels ou à des franchissements inattendus. C’est là que se situe le muscle de la situation et bien entendu plus le temps passe, plus le risque s’accentue. Et plus le risque s’accentue, plus ils s’élèvent (non sans mal) et plus ils se rapprochent de cette fameuse ligne solaire. Elle peut alors à chaque instant, être franchie par chacun des deux, des deux côtés. En ce qui concerne le dispositif scénique, pour accompagner ce chemin, pour passer du matériel à l’immatériel, il me paraît évident, à l’heure actuelle, de commencer la pièce dans une cuisine type « modèle d‘expo » et qu’elle se finisse pour l’essentiel juste avec les deux protagonistes. Cette espace « cuisine » serait leur scène. Il serait délimité dans l’espace. On pourrait suspendre au dessus d’eux le message « Pour qu’on aboutisse à un résultat positif. »

Idem pour le traitement sonore, il me paraît naturel de commencer par des éléments standardisés pour aboutir à une expression plus mystique (en live ou pas). On poursuit pour la lumière, les costumes tout doit, petit à petit, accompagner nos chers protagonistes à se rapprocher de « leur ligne solaire » et leur permettre de la franchir tout a fait dépouillés. Par ailleurs, j’aime qu’on ne sache pas vraiment ce que c’est véritablement cette « ligne solaire ».

Quatrièmement, ne pas oublier les silences, les longs silences qui ponctuent les joutes, la danse, les cocasses danses comme le Foxtrot, les yeux fermés, créer cette imaginaire de ce que je voudrais que l’autre soit pour pouvoir encore m’abandonner à lui, les métaphores stupides, la folie, l’absurdité, la drôlerie, la poésie, Eros, Agapé… l’écriture de Viripaev offre encore en vitesse une montagne de pistes à dévaler.

 

 

henschel

 

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