IVAN VIRIPAEV – THEATRE [2000-2012]

IVAN VIRIPAEV THEATRE [vol 1]
7 pièces russes d’Ivan Viripaev écrites entre 2000 et 2012
traduites par Tania Moguilevskaia, Gilles Morel et Elisa Gravelot

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Les Rêves
Oxygène
Genèse N°2
Danse « Delhi »
Illusions
Les guêpes de l’été nous piquent
encore en novembre
Les Enivrés

 

 

Tout ce que je dis et ce que j’écris ici‚ je le fais pour vous‚
pour ceux qui lisent et écoutent.
Sachez que cela je l’écris aussi par malice.
J’espère que vous mettrez tout cela en voix.
J’écris en sachant qu’on va écouter cette lettre.

Lettre de Antonina Velikanova à Ivan Viripaev,
in, Genèse n°2

henschel

 

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INSOUTENABLES LONGUES ETREINTES d’Ivan Viripaev / Galin Stoev – reprise Paris 2019

la colline
 

 

du 18 janvier au 10 février 2019
du mercredi au samedi 20h00
le mardi à 19h00 et le dimanche à 16h00

 

 

 

INSOUTENABLES LONGUES ETREINTES d’Ivan Viripaev (2014)
traduction Galin Stoev et Sacha Carlson
mise en scène Galin Stoev
avec Pauline Desmet, Sébastien Eveno, Nicolas Gonzales et Marie Kauffmann
production ThéâredelaCité – CDN Toulouse Occitanie

henschel

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INSOUTENABLES LONGUES ETREINTES d’Ivan Viripaev / Galin Stoev – création Toulouse 2018

theatredelacite toulouse
 
 
 

du 4 au 21 décembre 2018 – 20h00
Théâre de la Cité – CDN Toulouse Occitanie
 
 

INSOUTENABLES LONGUES ETREINTES d’Ivan Viripaev (2014)
traduction Galin Stoev et Sacha Carlson
mise en scène Galin Stoev
avec Pauline Desmet Sébastien Eveno Nicolas Gonzales Marie Kauffmann
production ThéâredelaCité – CDN Toulouse Occitanie

Amy, Monica, Charlie et Christophe: quatre solitaires dans l’immensité de la vie se croisent à New York, ville de tous les possibles. Ils se trouvent, se séduisent, se perdent et se détruisent pour atteindre une liberté nouvelle.

Entre New York et Berlin, les quatre protagonistes se confrontent à une mélancolie aigüe. Tentative de suicide, drogues, régime vegan, addictions en tous genres: chacun cherche une voie pour échapper à un monde disloqué qui l’empêche de s’ancrer dans la vie. Accros à une jouissance immédiate et superficielle, ils se confrontent à un sentiment d’échec puissant. Et pourtant, ils luttent, animés par le désir de redéfinir les principes de leur liberté, de leur pouvoir et de leur sagesse. À travers des choix intimes, ils essaient de construire une autre réalité commune et partagée, et de transformer le chaos du monde extérieur en une force intérieure vitale et créatrice.

À la manière d’un talk-show débridé, les acteurs jouent ou racontent tour à tour leur singularité dans une langue fougueuse teintée d’humour et de poésie.

Chez Viripaev, les mots ont un pouvoir sur les corps; ils bouleversent les lois physiques, linguistiques, et font surgir un vivifiant sentiment de libération.

henschel

 

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INSOUTENABLES… d’Ivan Viripaev – édition novembre 2018

INSOUTENABLES LONGUES ETREINTES
pièce russe d’Ivan Viripaev (2014)
Traduction Galin Stoev et Sacha Carlson

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Extrait du texte

Pause.

AMY. – Là, Amy est couchée sur son lit, dans le noir complet. Elle sent que le monde autour d’elle est fait d’une matière bon marché. Où est le sens de cette vie de si mauvaise qualité, pense Amy. Elle fait des petites boules avec le sperme de Charlie séché sur son ventre. Bon, il n’est peut-être pas encore temps de répondre. Peut-être qu’il faut simplement faire une pause, et attendre un peu.

CHARLIE. – Là, on doit seulement attendre un peu, pense Charlie. Il va à la cuisine, prend une bouteille de vodka « Absolut » dans le frigo, et se bourre la gueule. Là, on doit seulement faire une pause et attendre un peu.

Pause.

MONICA. – Là, Monica dort, elle rêve d’un motif coloré, comme si une conscience inconnue était entrée en contact avec elle. Elle rêve qu’un être d’une autre galaxie l’avait délibérément rejointe pour lui apprendre quelque chose.

– Comment tu t’appelles ? demande Monica.

– Tu n’arriverais jamais à prononcer ou à retenir mon vrai nom, c’est pourquoi imagine que c’est l’univers, la galaxie qui te parle.

– Tu es une femme, alors ? demande Monica dans son rêve.

– Maintenant oui, répond une agréable voix de femme.

– Tu peux m’apprendre quelque chose ? Je ne sais vraiment rien. J’ai trente ans et je ne connais absolument rien. Apprends-moi. S’il te plaît, apprends-moi au moins quelque chose. Au moins comment me ressaisir et cesser d’être un morceau de plastique.

– Je peux t’apprendre à être vivante, dit l’univers, et Monica se réveille tout en pleurs.

CHARLIE. – Là, le corps ivre de Charlie glisse de la chaise sur le sol. Charlie est complètement coupé de la réalité.

MONICA. – À deux heure du matin, Monica va à la cuisine ; là, par terre, Charlie dort, recroquevillé comme un fœtus ; à côté, traîne la bouteille vide de vodka. Monica s’assied et regarde Charlie.

CHARLIE. – Là, Charlie dort et rêve d’une rue déserte. Il n’y a personne dans cette rue. Puis, un chien surgit dans la rue. Puis, une sorte de serpent surgit dans la rue, et c’est là que commence un cauchermar sanglant vraiment saisissant, un cauchemar tellement fort que Charlie crie et ouvre les yeux. Il regarde Monica, mais ne comprend pas où il se trouve et ce qui lui arrive.

MONICA. – Quoi de neuf ? demande Monica.

Pause.

AMY. – Là, il est deux heure du matin, mais Amy ne dort pas. Elle décide d’envoyer un texto à Charlie. Sans savoir pourquoi, elle écrit : Charlie, je t’aime. Elle appuie sur « Envoyer », et presqu’en même temps, le téléphone de Charlie, qui se trouve sur la table de la cuisine, vibre et sonne pour annoncer qu’un texto est arrivé.

MONICA. – Le téléphone de Charlie est sur la table, et Monica est juste à côté. C’est pourquoi, quand elle entend le signal, Monica prend automatiquement le téléphone et lit.

CHARLIE. – Charlie revient à lui et regarde Monica, puis il baisse la tête et dit l’air fatigué : je ne me sens vraiment pas bien, Monica.

MONICA. – C’est pas grave, Charlie, Amy t’aime, dit Monica, puis elle dépose le téléphone de Charlie sur la table.

Pause.

 

Texte traduit avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale – Palmarès des aides à la traduction 2015.

henschel

 

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LES GUEPES DE L’ETE d’Ivan Viripaev / Ivan Viripaev – création Varsovie 2018

guepes de l'été
 
 
 
OSY
[LES GUEPES DE L’ETE
NOUS PIQUENT ENCORE EN NOVEMBRE]
du 29 novembre au 6 décembre 2018
OCH-TEATR
Varsovie
 
 
 

mise en scène Ivan Viripaev
traduction polonaise Agnieszka Lubomira Piotrowska

avec Magdalena Boczarska, Dariusz Chojnacki, Marcin Dorociński

scénographie Anna Met
costumes Katarzyna Lewińska
musique Jacek Jędrasik
production exécutive Piotr Duda, Art House WEDA

guepes de l'été

En répétition © Kasia Chmura

henschel

 

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LES ENIVRES d’Ivan Viripaev / Philippe Clément – reprise Lyon 2018

theatre de L'IRIS
 

 
du 20 novembre au 1er décembre 2018
(relâche le lundi 26 novembre)
au THEATRE DE L’IRIS
Lyon – Villeurbanne

 

LES ENIVRES d’Ivan Viripaev
traduction Tania Moguilevskaia et Gilles Morel
mise en scène Philippe Clément
production Compagnie de l’Iris – 2016

avec Béatrice Avoine, Caroline Boisson, Philippe Clément, Hervé Daguin, Émilie Guiguen, Judicaël Jermer, Étienne Leplongon, Louise Paquette, Didier Vidal

assistance mise en scène Louise Paquette
scénographie Élisabeth Clément
costumes Eric Chambon
création vidéo Colas et Mathias Rifkiss
création visuelle Étienne Leplongeon
création lumière Élisabeth Clément
 

 
henschel

 

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CONFERENCE IRANIENNE d’Ivan Viripaev / Ivan Viripaev – création Varsovie 2018


 
 
 
 

IRAŃSKA KONFERENCJA
du 14 au 17 septembre 2018
Théâtre Dramatique
Varsovie
 
 
 

mise en scène Ivan Viripaev
traduction polonaise Karolina Gruszka

avec
Astrid Petersen, Agata Buzek / Anna Moskal,
Père Augustin, Redbad Klynstra,
Magnus Tomsen, Philip Mogilnitzky,
Shirin Shirazi, Patrycja Soliman / Justyna Kowalska,
Emma Schmidt-Poulsen, Magdalena Górska,
Gustaw Jensen, Mariusz Zaniewski,
Daniel Christensen, Juliusz Chrząstowski / Michał Klawiter,
Philip Rasmoussen, Krzysztof Kumor,
Oliver Larsen, Richard Berkeley,
Lecteur, Michał Klawiter / Anna Moskal.

régie générale Michał Rogalski
costumes Maria Duda
scénographie Karolina Bramowicz
musique Jacek Jędrasik
lumières Adam Czaplicki
traduction anglaise Cazimir Liske, Boris Wolfson
production exécutive Piotr Duda assistée de Paulina Strzyga
Production Art House WEDA, Fondation Aksenov en coopération avec le groupe MIA et la Creative Art Space Foundation

© Art House WEDA

Dans CONFERENCE IRANIENNE, la nouvelle pièce d’Ivan Viripaev, que le New York Times a qualifié de dramaturge européen le plus prometteur. c’est une bonne dose d’humour, d’ironie et d’intelligence qui s’applique à des enjeux d’importance et à des diagnostics du temps présent.
Une conférence scientifique internationale consacrée à la situation de l’Iran se déroule à Copenhague.
Des chercheurs, des journalistes, des militants sociaux, des représentants des autorités, des membres du clergé et une poètesse iranienne qui a quitté son pays après 20 ans de résidence surveillée, se penchent sur le cas de l’Iran pour déterminer ce qui relève du religieux ou du social : spiritualité et développement personnel, relations entre connaissance et foi, compréhension de la liberté, différence entre connaissance et information…
Leurs déclarations et leurs polémiques reflètent de nombreux dilemmes auxquels nous sommes confrontés au quotidien. L’art est un dialogue intime sur le monde qui nous entoure et sur nous-mêmes.

Ivan Viripaev dessine ses personnages avec perspicacité et simplicité. C’est avec respect qu’il donne parole aux positions qu’ils affirment concernant ce sujet controversé. Il crée un espace de conversation apaisée et dirige une « conférence iranienne » dans le respect de ses personnages et, surtout, dans un sentiment de confiance et de respect pour les spectateurs.

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OVNI d’Ivan Viripaev / Collectif ildi ! eldi – Tour 2018

Theatre Ouvert
 
 

création du Collectif ildi ! eldi
du 21 septembre au 13 octobre 2018
Théâtre Ouvert
Paris
 
 

OVNI(S)
Pièce originale OVNI de Ivan Viripaev (2012)
Traduction Tania Moguilevskaia et Gilles Morel
Scénario poétique Jérôme Game

Mise en scène et Jeu : Alexandra Castellon, Sophie Cattani, Grégoire Monsaingeon, Michael Pas, Antoine Oppenheim
Scénographie : Saskia Louwaard et Katrijn Baeten
Musique : Chloé Thévenin
Lumière : Ludovic Bouaud
Son : Benjamin Furbacco
Coproduction : Collectif ildi ! eldi, Festival d’Avignon, Théâtre Ouvert Paris, Théâtre d’Arles. Avec le soutien de Pôle art de la scène et de la Spedidam.

 
LA PRESSE EN PARLE

« Viripaev et Game ont une ­manière d’observer la vie qui ressemble à celle des cinéastes asiatiques d’aujourd’hui : tout passe par la sensation, éprouvée par des individus perdus dans un monde trop grand, énigmatique, indéchiffrable. Et c’est la première qualité du spectacle que d’être particulièrement bien écrit, de manière délicate et sensible. » Fabienne Darge, Le Monde

«Ces confessions intimes laissent entrevoir qu’une autre vie est possible, simple, loin des angoisses nombrilistes pour se sentir exister. Comme si cette rencontre avec le non-terrien provoquait un déclic. La pièce est un appel à la contemplation, un remède efficace au consumérisme. » Philippine Renon, L’Humanité

« La mise en scène ludique et décalée, le jeu loufoque des acteurs, sous un vernis de grand sérieux et de professionnalisme, instillent le doute sur la valeur de ces récits. Et l’insistance à évoquer, là encore, la difficulté de représenter « l’irreprésentable », ou le retour d’un certain religieux, par ces voies détournées, nous incline à penser que nous sommes bel et bien face à une vaste blague de potaches inspirés. Et talentueux. » Jean-Claude Raspiengeas, La Croix

La pièce OVNI d’Ivan Viripaev, écrite en 2012, a été traduite avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale – Palmarès des aides à la traduction 2016

henschel

 

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ILLUSIONS d’Ivan Viripaev / Olivier Maurin – reprise 2018 au TNP Villeurbanne

 

 
du 27 septembre au 13 octobre 2018
au TNP Villeurbanne

 
 

ILLUSIONS d’Ivan Viripaev
Traduction Tania Moguilevskaia et Gilles Morel
Mise en scène Olivier Maurin
Avec : Clémentine Allain, Fanny Chiressi, Arthur Fourcade, Mickael Pinelli
Lumières : Nolwenn Delcamp-Risse
Production COMPAGNIE OSTINATO – juin 2016

Revue de presse

« C’est le miracle du metteur en scène, Olivier Maurin : parvenir à une direction d’acteurs d’une délicatesse à travers laquelle le travail n’apparaît jamais. Comme s’il nous donnait l’illusion de jouer à la place des acteurs. Avec ce talent particulier d’effacer les contingences du théâtre pour laisser traverser un texte dans toute la plénitude de ses émotions. La puissance des sentiments est telle que le spectacle évite en permanence l’écueil de l’exercice de style. On sourit, cueilli par l’humour planqué au coin d’une phrase par Viripaev, comme on vibre à ce château de cartes des illusions qui tombent une à une jusqu’à ce que mise à nu s’ensuive. C’est tout Olivier Maurin : faire du théâtre à sa façon, inédit, vivant, habité, le plus simplement du monde mais avec un talent et et une foi qui ne doivent rien à personne. »
Luc Hernandez, Exit.

« Olivier Maurin a le goût des pièces délicates et redoutables à mettre en scène. Après le superbe En courant, dormez, voici Illusions, récit vertigineux sur l’amour et ce qu’il en reste. […] Clémentine Allain, en charge durant la première demi-heure du monologue d’ouverture, est bouleversante, faisant ressurgir une réminiscence du couple Trintigant / Rivat dans Amour de Haneke. »
Nadia Pobel, Le Petit Bulletin.

« Ivan Viripaev évite le mélodrame en donnant à la jeunesse des protagonistes le rôle de porte-voix des confessions des amants crépusculaires. Cette distance permet d’échapper à la simple chronique d’histoires particulières et développe une réflexion universelle sur la passion. Viripaev élève même sa pensée au niveau d’une métaphysique de l’amour. Tout cela dans une langue étincelante, magnifiquement traduite par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel, et sans jamais perdre le sens de l’humour. Respectueux du texte, Olivier Maurin invente une dramaturgie de la sobriété superbement efficace. Dispositif signifiant et épuré, proximité du public le faisant complice intime des personnages, vocalisations essentiellement sur le ton de la confidence, gestuelle aux accents rarement excessifs. Maurin aime la modernité d’un théâtre qui explore les mystères de l’existence et s’incarne sous la forme d’un jeu de stratégie. Son spectacle en est l’intelligente manifestation en faisant partager à ses spectateurs le plaisir d’être passionnés par le propos et l’excitation de démasquer toutes les illusions, y compris celles de la représentation. »
Michel Dieuaide, Les Trois Coups.

 

 
henschel

 

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LES ENIVRES d’Ivan Viripaev – création Paris 2018

theatre de la tempete
 
 
du 14 septembre
au 21 octobre 2018
au THEATRE DE LA TEMPETE
Paris
 

LES ENIVRES d’Ivan Viripaev
Texte français Tania Moguilevskaia et Gilles Morel
Mise en scène Clément Poirée
Production Théâtre de la Tempête – 2018

avec John Arnold, Aurélia Arto, Camille Bernon, Bruno Blairet, Camille Cobbi, Thibault Lacroix, Matthieu Marie, Mélanie Menu
scénographie Erwan Creff
lumières Elsa Revol assistée de Sébastien Marc
costumes Hanna Sjödin assistée de Camille Lamy
musiques et son Stéphanie Gibert
maquillages Pauline Bry
collaboration artistique Margaux Eskenazi
régie générale Farid Laroussi
administration et diffusion Marie-Noëlle Boyer, Guillaume Moog, Aurélien Piffaretti
presse Pascal Zelcer

LES ENIVRÉS : note d’intention

Quatorze personnages, tous « copieusement ivres », s’effondrent, se relèvent, se croisent, s’éprennent, s’épousent, se révèlent aux autres et à eux-mêmes. Dans ce piteux état, ils ne parlent que d’amour, de transcendance, de Dieu. Les Enivrés, c’est une célébration paradoxale de la vie, un grand poème burlesque brutal et lyrique célébrant l’esprit, célébrant notre désir de divin, notre désir divin de vivre. C’est la prière de l’athée. De l’ivresse clownesque à l’ivresse mystique.
Viripaev parvient à dire sous cette forme décapante et ludique : « Ne nous faites pas croire que la vie ce n’est que ce que ça – « ça » la société occidentale libérale, le commerce, la politique, la culture- Ne nous faites pas croire qu’il n’y a pas d’amour, qu’il n’y a pas de lumière ! Ne soyez pas être dupes de la sinistrose, du déclin, de la peur. »
La pièce ne traite pas d’alcoolisme – ce sont tous des buveurs d’occasions – mais dans une atmosphère générale d’exaltation et d’ébriété, d’une danse désordonnée qui conduit au dépouillement. C’est notre capacité oubliée à être lumineux, amoureux, enthousiastes que Viripaev met au jour.
Et qu’importe que cette folle soirée laisse pour seule trace une monumentale gueule de bois, si pendant quelques heures nous sommes de petits dieux, même dépenaillés et couverts de boue.
Viripaev aime jouer du faux-semblant, de l’illusion de la variation qui rendent le propos toujours équivoque et mènent à un théâtre poétique, sensible plutôt que raisonneur. Les moments les plus beaux, les plus philosophiques sont indissociables du pathétique et du grotesque.
Viripaev écrit pour la scène un théâtre où tout est danse et chant. C’est une écriture rythmique et organique passionnante et rigoureuse. C’est pour nous la possibilité d’un cabaret des ivresses.
Clément Poirée


 
Les Enivrés a remporté le Prix Domaine Etranger et le Prix de la Traduction aux Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre 2014.

henschel

 

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